Mesdames et Messieurs, chers donneurs d’Entzheim,
En cette période de vœux de bonheur
et de santé, celle des donneurs de sang doit être
particulièrement préservée. En effet,
de cette bonne santé dépend la survie de nombreuses
personnes qui ne l’ont pas, tous les jours, toute l’année.
Cette année qui vient de s’achever
a connu de nouveaux bouleversements dans le système
transfusionnel français. Suite à la loi du
1er juillet 1998 sur le renforcement de la sécurité
sanitaire, l’Etablissement Français du Sang (EFS),
opérateur unique de la transfusion sanguine en France,
a été créé il y a un an. l’EFS-Alsace
a vu le jour, avec une organisation régionale et
un regroupement des activités les plus techniques
à Strasbourg, pour l’ensemble de l’Alsace. Pour les
donneurs, cette réorganisation n’a pas provoqué
de grands changements.
Les nouvelles agences de sécurité
sanitaire mises en place à la suite de cette loi
ont été fort sollicitées ces derniers
mois. Dans une ambiance de panique guère propice
à la réflexion, les termes de " traçabilité "
et de " principe de précaution "
sont revenus au premier plan, dans l’affaire de la vache
folle. Pour les donneurs de sang, ces termes sont familiers
car les mesures de précaution et la traçabilité
totale des produits sanguins sont mises en œuvre de longue
date. Néanmoins, de nouvelles mesures ont été
décidées pour renforcer encore la sécurité
transfusionnelle face au risque hypothétique de transmission
du prion par le sang. (rappelons qu’à ce jour aucun
cas de transmission transfusionnelle n’a été
rapporté).
Depuis le 20 décembre 2000, les
personnes qui ont séjourné plus d’un an au
total dans les Iles Britaniques entre 1980 et 1996 ne peuvent
plus donneur leur sang.
Depuis début décembre, tout
le plasma prélevé par aphérèse
est déleucocyté, c’est-à-dire débarrassé
de la majeure partie des globules blancs, cellules pouvant
potentiellement porter le prion. Ceci s’ajoute à
la déleucocytation de tous les autres produits sanguins,
effective depuis maintenant 3 ans.
Dernièrement, les autorités
nous ont demandé d’augmenter la part des concentrés
de plaquettes provenant de la cytaphérèse,
c’est-à-dire d’un donneur unique (les plaquettes
obtenues par séparation du sang total doivent être
mélangées à raison de 5 dons pour obtenir
des concentrés efficaces). J’en appelle donc aux
donneurs d’Entzheim, pour leur rappeler les difficultés
que nous rencontrons tous les jours pour trouver les donneurs
de plaquettes nécessaires. Je m’adresse particulièrement
aux femmes, qui doivent se limiter à 3 dons en collecte
par an, et peuvent donc faire 2 dons de plaquettes en plus
par an.
Il n’y a guère d’autres mesures
à prendre, en l’absence de tests sanguins spécifiques
pour le prion. La multiplication des mesures de précaution
nous garantit une transfusion efficace et sûre, mais
rend toujours plus difficile le travail de recrutement et
de sensibilisation du public au don de sang. Le rôle
de votre amicale est ici extrêmement important, et
son dynamisme pour la promotion du bénévolat
et son implication dans les causes humanitaires est à
saluer. Puisse-t-elle être entendue par le plus grand
nombre, afin que les collectes à Entzheim, toujours
aussi chaleureuses, continuent d’être honorées
de votre présence, ou de celle de vos proches.
Bonne et heureuse année 2001 !
Dr Frédéric BIGEY
Responsable des prélèvements,
EFS-Alsace